Verdir le centre-ville : le projet Parcelles

Il y a quelques jours, nous vous avons parlé de Parcelles, initiative d’agriculture urbaine à vocation sociale soutenu par le gouvernement du Québec, en vous proposant d’écouter deux participants de ce projet revenir sur leur expérience. 

Aujourd’hui, à la fin de ce programme qui s’est déployé depuis mai dernier, nous souhaitons laisser la parole à l’ensemble des partenaires qui ont contribué à ce projet avec la SDS : Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Sentier Urbain et Spectre de rue

Parcelles apparait comme une collaboration fructueuse de différents acteurs du milieu qui s’unissent pour des projets porteurs à visée sociale et environnementale. Comme le précise Aïda Setbel, chargée de projet pour Sentiers Urbain : 

La BAnQ a coordonné les acteurs du projet et a prêté gracieusement son jardin, la SDS a trouvé le financement pour rémunérer les participants des plateaux de travail, Spectre de rue s’est occupé du recrutement des participants. Nous sommes des organismes complémentaires dans nos différents champs d’expertise qui ensemble avons permis une transformation positive du milieu.

Aïda Setbel

L’impulsion de ce projet vient de Bibliothèque et Archives nationales du Québec qui souhaitait verdir et cultiver le jardin proche de BAnQ. 

Comme le souligne Marie-Pierre Gadoua, coordonnatrice action culturelle et médiation sociale de BAnQ :

L’idée pour nous est de cultiver notre jardin de façon à y faire participer les gens du quartier, tous horizons confondus, avec une attention particulière envers les citoyennes et citoyens marginalisés qui sont très nombreux dans le secteur. Nous souhaitons les faire participer à la vie dans la Grande Bibliothèque, et rendre cette dernière pertinente pour elles et eux. Nous voulons aussi offrir aux visiteurs du jardin une expérience d’apprentissage enrichissante, sur des sujets en lien avec l’horticulture urbaine, les végétaux, et faire des liens avec l’histoire, le patrimoine, et divers contextes culturels qui s’y rattachent.

Marie-Pierre Gadoua

C’est l’organisme Spectre de rue avec son programme TAPAJ (Travail Alternatif Payé à la Journée) qui permet le recrutement des participant.e.s. Comme le mentionne Véronique Martel, coordonnatrice du programme :

Le programme TAPAJ à Spectre de Rue offre du dépannage économique pour les personnes entre 16 et 30 ans en situation de précarité financière et/ou sociale. À TAPAJ, nous recrutons les participant.e.s à raison de deux prises d’appels par semaine. Depuis plusieurs années, l’horticulture urbaine a une place spéciale dans le programme grâce à une belle collaboration avec Sentier Urbain. Les participant.e.s étaient donc enthousiastes d’entamer ce nouveau projet.

Véronique Martel

La participation au projet se base donc sur l’intérêt des participant.e.s :

La collaboration avec plusieurs organismes permet aux participant.e.s de TAPAJ d’avoir accès à des expériences de travail variées et enrichissantes. Elle permet également de rapprocher les participant.e.s à des services de la communauté vers lesquels iels ne se seraient pas nécessairement dirigé.e.s. [...] Notre recrutement se faisant deux fois par semaine, nous avons permis à un grand nombre de personnes de se plonger les mains dans la terre et de découvrir le bel espace qu’est Parcelles. Bien sûr, plusieurs participant.e.s appelaient pour travailler à TAPAJ et demandaient le plateau de travail au jardin puisqu’iels avaient apprécié leur expérience précédente.

Véronique Martel

Concernant le travail dans les jardins, Aïda Setbel de Sentiers Urbain décrit une journée type :

Cette saison, on a eu la chance d’avoir des plateaux de travail avec des tâches horticoles variées. Autour de 9h-9h15, les groupe arrive aux jardins. Notre journée commence toujours par un tour de table pour apprendre les noms de tout le monde et l’équipe présente les tâches horticoles du matin. On divise habituellement le groupe en deux pour effectuer des tâches différentes et permettre aux gens de choisir l’activité qui leur convient le plus ce matin-là. On associe généralement une personne de sentier urbain par groupe pour aider dans la réalisation des tâches et animer des discussions pendant qu’on travaille. La plus grosse tâche que nous effectuons est l’arrosage, habituellement effectué par deux personnes (une pour déplacer le boyau sans qu’il empiète sur les végétaux et une pour contrôler l’eau). C’est une des responsabilités les plus importantes dans le jardin. Certaines journées, on sème des graines ou on transplante des semis, d’autres on taille ou on tuteure les plantes (comme le basilic ou les tomates), on fait des traitements préventifs pour les maladies et insectes ravageurs et on enlève les feuilles mortes et mauvaises herbes à l’occasion. On explore presque toujours plusieurs tâches dans une journée ce qui nous permet de faire découvrir plusieurs volets de l’agriculture urbaine aux jeunes. Finalement, les plateaux sont une occasion d’intervention informelle pour les jeunes et les intervenant.e.s, donc on favorise la discussion pendant qu’on travaille et pendant la pause, autour de 10am. On finit généralement le plateau à 11h15 pour laisser le temps au groupe de cheminer vers Spectre de rue.

Aïda Setbel

Du point de vue des participant.e.s, cette expérience favorise leur intégration sur le marché du travail et accentue leur intérêt pour ce qui touche à l’environnement. Comme le mentionne Yacinthe, participant au programme : 

Cette initiative est donc une belle réussite d’une collaboration qui a permis d’unir les forces en présences pour favoriser à la fois un projet à visée environnementale et sociale, notamment en regard de l’employabilité des jeunes. 

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